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Mémorial pour Yves Klein
Saint-Paul-de-Vence (Alpes-Maritimes), 1964-1965, projet

Peu de temps après la mort prématurée d’Yves Klein en 1962, Claude Parent conçoit à la demande de Marie Raymond, la mère du défunt, et de Rotraut Uecker, sa femme, un projet de mémorial. Prévu sur un terrain de 500 m2 situé au sommet d’un léger relief naturel à Saint-Paul-de-Vence, ce monument commémoratif était dédié à la mémoire d’«Yves le monochrome ».

L’ œuvre interprète architecturalement les thèmes favoris de Klein en prenant la forme d’un parcours initiatique, intuitif et sensoriel, qui s’élève sur trois niveaux reliés entre eux au sein d’une enceinte carrée, lieu sacré où le temps est comme suspendu. Au cœur d’une géométrie composée de jeux de volumes purs et de plans ouverts, le visiteur est amené, à travers différents cylindres, à expérimen­ter l’espace, sa perception et la mise en résonance des énergies.

Les cylindres, axés dans des directions différentes, sont orientés vers l’immatériel, le vide, le monochrome, l’atmosphère, l’intros­pection, thèmes de recherche chers à l’artiste disparu. Chaque cylindre crée des ambiances et s’inscrit entre l’ombre de son volume aveugle et la lumière vers laquelle il tend. Seul celui qui est enterré renvoie à la pesanteur.

Un cylindre vertical, surélevé et posé en équilibre sur deux murs, s’érige entre la terre et l’air, symbolisant ainsi la force solaire créatrice. Il se distingue d’un second cylindre placé de façon horizontale, auquel on accède par un jeu de rampes et d’esca­liers. Celui-ci exprime la polarité entre le feu et l’eau, l’énergie lunaire où seule règne l’imagination. Il pointe vers un espace de couleur infini : le bleu du ciel méditerranéen, dont les nuan­ces rappellent bien évidemment le bleu de Klein. Dans son prolongement, un troisième cylindre bascule à l’oblique vers le ciel. La position de ce cylindre symbolise une synthèse dynamique entre le vertical et l’horizontal. Enfin, un qua­trième élément tubulaire, enterré, plonge dans un espace cryptique et contient le monogold. Il évoque les doctrines alchimiques et bibliques du discours élaboré par Klein lui-même. Chacun des trois premiers cylindres flotte spatia­lement, en quasi apesanteur. Tous dépendent d’un fragile équilibre des masses, qui n’est assuré que par un contact limité avec leur support, contact suffisant toutefois pour leur éviter de basculer.

Les murs en béton sont traités dans l’épaisseur et dans la masse. La géométrie des volumes employés et les lignes de fuite tracées vers l’espace ne sont pas sans rappeler l’observatoire indien de Jaipur en Inde.

En réveillant « les possibilités d’imagination créatrice », le Mémorial pour Yves Klein réconcilie les éléments fondamentaux avec l’architecture entendue comme élément primaire. En son cœur, le visiteur agit tel un stabilisateur.

Christelle Lecoeur